Les stages, une réponse pertinente aux défis de la professionnalisation des études supérieures ?, avec Béatrice Barbusse.

Chapitre dans La professionnalisation de l’enseignement supérieur : de la volonté politique aux formes concrètes, ouvrage collectif dirigé par Emmanuel Quenson et Solène Coursaget, Toulouse, Octarès, 2012 (p. 75-88).

Depuis une trentaine d’années, l’enseignement supérieur est le théâtre d’une succession de réformes dont le point commun est la professionnalisation. Dans un contexte marqué par l’arrivée des étudiants issus de la démocratisation scolaire et l’élévation du niveau de formation, des relations - de natures diverses - ont été établies avec le monde du travail. Elles ont conduit à redéfinir les articulations entre transmission des savoirs académiques et système de référence des entreprises. L’objectif de cet ouvrage est de s’interroger sur la signification et les effets tangibles de ces transformations en rappelant d’abord leurs conditions d’émergence et les croyances sur lesquelles elles s’appuient. Dans quel mouvement social s’inscrivent les politiques mises en œuvre  ? La professionnalisation ne contredit-elle pas le cadre juridique national des diplômes ? L’injonction à un rapprochement avec les entreprises ne comporte-t-elle pas une part de leurre, dans la mesure où la reconnaissance du marché du travail dépend essentiellement d’un rapport social pour partie indéterminé ? Les investigations portent ensuite sur les formes concrètes les plus significatives de la professionnalisation. Quelles sont les conséquences de la rénovation des diplômes par la prise en compte des savoirs opérationnels dictés par le monde économique  ? A quelles conditions les stages facilitent-ils l’insertion dans l’emploi ? Quelle est la portée de la validation des acquis de l’expérience pour renouveler les conditions d’apprentissage   ? Comment les étudiants considèrent-ils les formations professionnalisées ? Que penser des dispositifs institués (projet professionnel, logique compétence, aide à l’orientation et à l’insertion professionnelle, etc.) ? Enfin, toutes ces mutations ne risquent-elles pas d’aboutir à une division des universités entre celles qui s’orienteront vers la recherche et celles qui prôneront la professionnalisation de leur offre de formation ? Telles sont les interrogations auxquelles les contributions de cet ouvrage tentent d’apporter quelques pistes de réflexion, se situant au croisement des regards de la sociologie, du droit, de l’histoire et des sciences de l’éducation.

Avec les contributions de   : C. Agulhon, F. Audier, B. Barbusse, G. Brucy, P. Caillaud, S. Coursaget, C. Drouhard-Béligat, B. Gesson, D. Glaymann, C. Hugrée, E. Leclercq, F. Léonard, F. Maillard, E. Quenson, J. Rose, N. Sembel, M. Stimpling, B. Téruel, S. Tralongo, E. Triby.

Emmanuel Quenson est professeur de sociologie à l’Université d’Evry-Val-d’Essonne, chercheur au CPN (Centre Pierre Naville) et à TEPP (Travail, Emploi, Politiques Publiques, FR - Fédération de recherches - n°3126, CNRS). Ses recherches portent sur les relations entre la formation, le travail et l’emploi. Solène Coursaget est doctorante en sociologie (Bourse CIFRE) au Centre Pierre Naville (CPN), Université d’Evry-Val d’Essonne. Elle réalise sa thèse sur l’orientation des jeunes et des adultes.