L’emploi précaire des travailleurs seniors, une violence légitimée par la perte d’employabilité. L’exemple des intérimaires seniors contraints .

En France,les seniors ont des taux d’emploi parmi les plus faibles de l’UE et des taux de chômage inférieurs à ceux des autres salariés. Cela est lié au traitement réservé à cette catégorie d’âge par les politiques de l’emploi. Après avoir longtemps subventionné la mise à l’écart de l’emploi des séniors, l’État a décidé d’allonger la durée de cotisation en conformité avec la Stratégie européenne pour l’emploi.

Mais, les pratiques patronales impliquent toujours de fréquentes pertes d’emploi pour les seniors et de grandes difficultés à retrouver un emploi stable alors que nombre de seniors tentent de prolonger leur carrière. Cela explique la croissance du nombre de seniors dans les emplois non durables, dont l’intérim où leur part reste modeste, mais où leur nombre a doublé depuis dix ans.

Les entreprises de travail temporaire s’efforcent de développer l’emploi des seniors en arguant d’une attractivité liée à la capacité qu’elles revendiquent à « vendre » les seniors aux entreprises et à la loi de 2005 qui les autorise à placer en CDD et en CDI. Elles se heurtent pourtant aussi à la réticence de leurs entreprises clientes à employer ces salariés âgés.

Nous proposons d’explorer la violence particulière faite aux séniors qui se trouvent plongés, et parfois relégués, dans un emploi précaire en analysant le choc culturel et psychologique que vivent ces précaires contraints qui ont été socialisés dans le cadre du rapport salarial fordiste.

© D. Glaymann, Largotec (Université Paris Est), 2009